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TEREZA BOUČKOVÁ

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  • auteur
  • L´Année du coq

Tereza Boučková (24.5.1957)

ecrivain. Après avoir passé son baccalauréat et signé la « Charte 77 », à laquelle participèrent de nombreux écrivains tchèques dissidents, elle travaille comme femme de ménage, facteur et concierge. Au milieu des années 80, elle quitte Prague pour la région de Bohême centrale, où elle se consacre à sa famille et rédige des romans aux thématiques essentiellement féminines, ainsi que des articles et des feuilletons pour les journaux.

 

Lorsqu'elle fait son entrée en littérature, Tereza Boučková est officiellement interdite de publication, et ses livres ne paraissent qu'en « samizdat », c'est-à-dire sous forme d'auto-publications. C'est ainsi que sort son premier ouvrage, le recueil de nouvelles en trois volumes Indiánský běh (La course des indiens). Si le texte qui donne son titre au recueil, dans lequel l'auteur raconte son enfance et sa jeunesse et critique ouvertement un certain nombre de personnalités parmi les plus en vue (dont, entre autres, son propre père, le dramaturge Pavel Kohout, ou encore le futur président de la République tchèque, Václav Havel), est aussi celui ayant rencontré le plus grand écho au sein du public, l'accent est avant tout porté, dans ces récits, sur la manière dont l'héroïne affronte des situations existentielles, et sur son opiniâtreté à « vivre sa vie », à ne pas fuir la confrontation publique, et à commenter sans concessions les évènements qui surviennent autour d'elle (dans le contexte précédant la Révolution de velours et la chute du régime, en 1989), dans un esprit critique souvent proche du sarcasme. C'est également dans cette opus qu'apparaît pour le première fois une thématique appelée à devenir l'alpha et l'oméga des œuvres de Boučková : il s'agit de l'histoire d'une jeune femme en quête d'identité sociale, qui cherche à se réaliser et à mettre à profit ses dispositions. Les héroïnes en question se retrouvent ainsi régulièrement confrontées à des obstacles qu'elles doivent surmonter, dont, entre autres, les tracasseries bureaucratiques, mais surtout l'égoïsme et l'égocentrisme des hommes, c'est à dire des défauts moraux que l'auteur condamne avec ferveur et fustige dans ses œuvres « féminines » suivantes, notamment Křepelice (L'Alouette) et Když milujete muže (Aimer un homme). Contrairement à son premier opus, plus autobiographique, Boučková se concentre ici sur quelques situations hautement caractéristiques de la vie des femmes, celle de ses contemporaines avant tout : il s'agit essentiellement de leurs relations sentimentales, et de la question de la responsabilité morale vis-à-vis de l'autre, voire celle de la maternité. La trame directrice de ces récits réside plus dans la recherche d'un soutien affectif dans certaines situations de la vie quotidienne que dans des scènes intenses ou des destinées dramatiques et exaltées ; l'auteur s'efforce la plupart du temps de définir l'idéal d'harmonie existentielle qu'elle convoite au moyen d'une trame fabulatoire linéaire et délibérément simple.

Après ces deux textes, très représentatifs de la littérature féminine et qui mettent en avant une approche existentielle centrée sur l'« éternelle » condition humaine, Tereza Boučková revient à une écriture autobiographique et un style plus personnel ; avec le récit-mosaïque Krákorám (Je croasse), elle met en scène de manière satirique la période qui suit la Révolution de velours, en 1989, en République tchèque. Elle s'efforce ici de traiter à la fois les problèmes les plus courants (tels que la crise des valeurs morales et la déception qui furent conséquences des récents bouleversements dans les Pays tchèques) et la situation particulière de sa famille, de sa relation amoureuse et de l'éducation de ses enfants. Les diverses situations instables que connaissent ses proches, notamment, remplissent la fonction de miroir imaginaire reflètant les désordres flagrants de l'époque, considérée avant tout à travers le prisme de la déception de l'auteur. Quant à la technique narrative de Boučková, qui s'appuie toujours sur des descriptions de choses concrètes et de caractères, on relève une présence de plus en plus forte du ton journalistique. Si cet écart sensible de la forme classique du récit provient du peu de confiance de l'auteur en les possibilités et la pertinence du récit et de la narrativité classiques, il se manifeste également dans l'activité éditoriale plus soutenue de l'auteur. On notera enfin la publication d'un recueil d'articles rédigés dans les années 80 et les années 90, notamment de commentaires et d'analyses sur l'actualité, dans lesquels Boučková met l'accent sur un point de vue spécifiquement féminin ou des situations spécifiquement féminines, sous le titre ironique Jen si tak trochu schnít (Histoire de moisir un peu).

Elle est aussi l’auteur de deux scenarios portés à l’écran: Smradi (Puanteurs, r. Zdeněk Tyc) et Zemský ráj to napohled (Le paradis sur terre est en vue, r. Irena Pavlásková) et les adaptations théâtrales Silnice (La Strada) selon F. Fellini et Sodome et Gomorrhe selon la nouvelle de J. Urzidil.

En 2008, elle a publié le roman réussi Rok kohouta (L’année du coq; en 2010 déjà 51 790  copies vendues!). En 2010, elle a publié le livre Boží a jiná muka: Fejetony o lásce ke kolu (Calvaires et autres tourments) Les feuilletons sur l’amour du vélo.

 Traduction : Benoit Meunier

(www.czechlit.cz)

 

 

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